Otrera, une spin-off du CEA développant un réacteur à neutrons rapides compact et modulaire refroidi au sodium, a finalisé une levée de fonds de 17 millions d’euros combinant capital-investissement et subventions France 2030. EDF entre au capital en tant qu’actionnaire minoritaire, aux côtés de Normandie Participations et d’un groupe d’entreprises industrielles représentatives de l’ensemble de la filière nucléaire française : ADF, Ingerop, Fortil, Onet Technologies, REEL et SNEF. Exergon, qui avait investi lors du premier tour de table d’Otrera, réinvestit.
Du concept à la maturité technique
Ce tour de table permet à Otrera d’entrer dans sa phase de conception détaillée. Les fonds levés permettront de valider les choix technologiques fondamentaux, de renforcer les équipes d’ingénierie, de sécurité et d’industrialisation, et de lancer les études nécessaires à la construction d’une future usine en Normandie, près de Cherbourg.
Pourquoi c’est important
Otrera s’appuie sur des décennies d’expérience française dans le domaine des réacteurs à neutrons rapides, de Rapsodie et Phénix à ASTRID, tout en repensant les spécifications initiales pour un déploiement industriel. Les réacteurs à neutrons rapides pouvant fonctionner avec du combustible usé recyclé, leur conception répond à un besoin essentiel du réseau électrique : une production d’électricité et de chaleur de base circulaire, souveraine et à faible émission de carbone.
Pour Giuseppe Sangiovanni, associé gérant, les fondateurs allient une expertise rare dans le domaine des réacteurs à neutrons rapides au sodium à la rigueur financière indispensable à la réalisation d’un projet de cette envergure. Nous sommes fiers de rester au conseil d’administration d’Otrera pour la prochaine étape, avec une nouvelle levée de fonds d’au moins 40 millions d’euros prévue d’ici fin 2026.